Archives mensuelles : Novembre 2020

  1. Patience…

    « Garder le moral malgré ce début de course un peu cauchemardesque » … Joint à la vacation ce midi, Fabrice Amedeo s’accroche. « Je suis loin derrière avec un scénario météo plutôt défavorable. Il va falloir être patient. Il y a 4 ans, j’avais fait une belle descente de l’Atlantique, et j’étais passé en mode aventure dans le Grand Sud. Là je suis déjà en mode aventure donc c’est un peu difficile. Mais je me dis que j’ai une chance énorme d’être sur le Vendée Globe. C’est un grand privilège d’être libre sur l’eau et de vivre sa passion. Donc je fais le dos rond et j’attends que la chance tourne. »

    « Il va réduire l’écart, c’est une évidence. »

    Sur une route relativement directe, tribord amure, Newrest – Art & Fenêtres fait route au sud au près, au large du Portugal. « Les conditions sont relativement clémentes, maximum 20 nœuds de vent, mais la mer est formée » explique le skipper.

    Alors que la flotte est en train de contourner Thêta (29e dépression tropicale de l’année), Fabrice Amedeo évolue entre deux systèmes météo. « Normalement, son objectif dans les trois prochains jours va être de viser au plus près de Thêta pour faire le moins de route possible, explique Eric Péron, co-skipper sur la Transat Jacques Vabre et binôme de Fabrice jusqu’aux derniers instants avant le départ. « La dépression tropicale est encore bien active aujourd’hui mais le temps qu’il arrive sur zone, d’ici 2 jours, elle va s’amoindrir. Il y aura 20 nœuds de vent, avec des rafales à 30 nœuds, ce qui sera beaucoup plus maniable que les 40 à 60 nœuds de cette nuit. Les premiers bateaux sont passés très près du centre pour faire moins de route. Mais ils ne vont pas très vite parce qu’il y a trop de vent et trop de mer. Fabrice va pouvoir faire une route plus courte et en moyenne plus rapide. En principe, il devrait rattraper les 6 bateaux devant lui au niveau du pot au noir. Il va réduire l’écart, c’est une évidence. »

    « La limite des bateaux, c’est la mer. »

    Alex Thomson file en tête de flotte, tout schuss en direction du sud. Mais à ses trousses, les vieux bateaux à dérives de Jean Le Cam et Benjamin Dutreux font sensation. « Un bateau comme celui de Jean Le Cam va aussi vite qu’Hugo Boss parce qu’il est obligé de mettre le frein à main à cause de la mer – plus de 6 mètres de creux ! –, explique Eric. Quitte à aller doucement, il préfère faire moins de route, contrairement à Apivia qui fait une route plus longue mais plus rapide en exploitant le potentiel du bateau. Ça va créer des écarts latéraux à la sortie de la dépression : Hugo Boss à l’Est, Apivia à l’Ouest. Il est un peu tôt pour dire ce qui sera le mieux pour passer l’anticyclone et le pot au noir. »

    Les alizés mardi

    « Je ne vais pas tarder à renvoyer en bâbord pour aller chercher une bascule de vent. Il faudra ensuite négocier Thêta puis une zone de transition et de molle. Je vais atteindre les alizés mardi et c’est parti, tout droit vers le sud ! On verra à ce moment-là où j’en serai, se projette Fabrice. En attendant, « j’arrive à bien manger, bien dormir mais il y a des petites bidouilles à faire sur le bateau. L’ordinateur n°1 a planté, j’utilise déjà l’ordinateur n°2. Mais je ne désespère pas de trouver une solution. »

     

    © Pierre Bouras / Newrest - Art & Fenêtres

  2. Fabrice Amedeo acclamé pour son 2e départ du Vendée Globe

    A 22h15 pile, Newrest – Art & Fenêtres a quitté le ponton du Vendée Globe pour entamer la descente du chenal des Sables d’Olonne. Fabrice Amedeo et son équipe s’attendaient à un retour en course en toute discrétion mais c’était sans compter sur la ferveur des Sablais, venus l’acclamer en nombre le long des quais. Ils sont nombreux à avoir réserver leur heure de sortie autorisée pour faire de ce départ un moment exceptionnel. De quoi donner du baume au cœur au skipper qui a environ 450 milles à rattraper sur l’arrière de la flotte.

    « Un départ super, avec une bonne ambiance. Il y avait du monde des deux côtés du chenal, c’était vraiment super. J’étais très touché, ça me booste pour la suite ! Avec le Covid c’était dur le premier départ. On a besoin de l’énergie des gens pour partir autour du monde et là ça y est, je suis prêt ! Merci à tous !!

    Ça fait quelques minutes que je suis seul sur mon bateau, je me sens bien. J’ai 5 nœuds de vent, j’avance à 7 nœuds. Pour l’instant je fais route au sud et ça va vite refuser pour faire route vers l’ouest. Le vent va monter progressivement toute la nuit jusqu’à demain après-midi où il va être très fort. Il faudra faire le dos rond et ensuite, à moi l’autoroute de la liberté et le tour du monde ! »

  3. Melges24: White Room

    Harte Arbeit und rauer Ton an Bord - Tutzinger Familienboot White Room belohnt sich mit historischem Titel für intensiven Einsatz

    Nach der Regatta mit der White Room gerät der interne Friede in Gefahr. „Die größte Diskussion, die wir haben, ist, ob es auf dem Rückweg zu McDonald’s geht“, verrät Michael Tarabochia. Der Stopp beim Fast-Food-Laden ist für den Tutzinger Bootseigner immer ein geschmacklicher Graus. Auch wenn der Rechtsanwalt in Gourmetfragen mit seinen flammenden Plädoyers regelmäßig ins Leere läuft, zu formidablen Seglern hat er die Besatzung der White Room in den vergangenen Jahren schon geformt. Heuer gewann das Team aus dem Deutschen Touring Yacht- Club zum ersten Mal die Gesamtwertung in der European Series der Melges24.

    Der Triumph ist umso bemerkenswerter, weil die Amateure aus Tutzing selbst hoch dekorierte Profis hinter sich ließen und ganz nebenbei nationale Maßstäbe setzten. Noch nie war es einem Team aus Deutschland gelungen, die renommierte Serie zu gewinnen. „Das ist harte Arbeit“, sagt Tarabochia. „Da ist nichts, was einfach vom Himmel fällt.“ Es ist auch nicht seine Art, etwas dem Zufall zu überlassen, wenn er die Verantwortung übernimmt. Zusammen mit Norbert Wagner schliff er einst das Bundesliga- Team des DTYC zur nationa- len Nummer eins. Zweimal errangen die Tutzinger die Deutsche Meisterschaft, einmal die Champions League. Als das Erfolgsduo 2018 von seiner Aufgabe entbunden wurde, wurde das ehemalige Spitzenteam zum Mitläufer.

    Inzwischen widmet sich Stratege Tarabochia seinem eigenen Projekt, das sich in der Szene zunehmend einen Namen macht. Das Schiff White Room, das von seinem
    ersten Besitzer nach dem gleichnamigen Song von Eric Clapton benannt wurde, ist inzwischen zu einem Quali- tätsbegriff in der Melges24-Klasse geworden. Als Tarabochia vor fünf Jahren seine Kampagne begann, war der Erfolg noch nicht abzusehen. Aber die Parameter passten. „Zunächst muss das ganze Umfeld stimmen“, erklärt der Bootseigner. Das beginnt bei der Ausrüstung und hört bei der Logistik auf. Schließlich will das Team bei den Regatten rechtzeitig ankommen und gut untergebracht sein. Tarabochia bewies auch ein glückliches Händchen bei der Zusammenstellung seiner Crew. Dazu gehören seine beiden Söhne. Luis steuert das Boot, Marco verdingt sich als Trimmer. Der Jüngste an Bord ist unersetzbar für das Team. „Er ist die absolute Konstante“, lobt ihn sein Vater. „Er macht praktisch keine Fehler.“ Obwohl man in der Szene von einem Familienboot spricht, sind auch die beiden weiteren Besatzungsmitglie der wichtige Bestandteile der Mannschaft. Sebastian Bühler segelt schon lange mit Michael Tarabochia und hat sich als Taktiker profiliert. Die sportliche Laufbahn von Marvin Frisch verfolgt der Bootseigner seit der Zeit im Optimist. „Er ist eine echte Verstärkung“, sagt er über den Skipper aus dem Württembergischen Yacht-Club, der seit diesem Jahr dabei ist.

    Allein die individuelle Klasse macht noch kein Spitzenteam. „Die Jungs haben eingesehen, dass es nicht einzeln, sondern nur gemeinsam geht“, stellt Tarabochia klar. Auch wenn er sich als mäßigend auftretenden Vermittler sieht, die allgemeine Ansprache der Crew ist so rau wie die See. „Da wird schon hart kritisiert“, so Tarabochia. „Da muss man schon schlucken, aber nur so geht es voran.“ Obwohl die Crew als Titelverteidiger in die kommende Saison geht, lautet das Ziel, an der eigenen Qualität zu feilen, denn die Konkurrenz schläft nicht. Tarabochia: „Das sind alles keine Schnarchzapfen, die da unterwegs sind.“ Er selbst könnte der erste sein, der über Bord geht, falls das Boot noch wettbewerbsfähiger werden soll. Auch heuer steht an Weihnachten ein klärendes Gespräch mit seinen Söhnen an. „Jungs, wollt ihr noch mit eurem alten Vater?“, wird Tarabochia wie immer fragen. Und wie immer werden sie nicht nein sagen. Und das nicht nur, weil einer bei McDonald’s bezahlen muss.

     

    VON CHRISTIAN HEINRICH - Münchner Merkur 11. November 2020

     

  4. Vendée Globe: Neustart Fabrice Amadeo

    Nach dem unfreiwilligen Rückkehr zum Start mit dem damit verbundnen Zwangsstopp für nötige Reperaturen, verließ Fabrice Amadeo - Team Newrest - Art & Fenêtres pünktlich um 22.15 Uhr verließden den Start- und Zielhafen vom Vendée Globe. Das Auslaufen wurde von zahlreichen Zuschauenr und Unterstützern an der Kaimauer gefeiert. Zur Zeit gilt in Frankreich eine Ausgangssperre für die Abendstunden. Die Fans haben extra für den unfreiwillen zweiten Start von Fabrice Amadeo eine Sondergenehmigung beantragt und erhalten um diesen Start zu einem außergewöhnlichen Moment zu machen - Balsam für die Seele des Skippers, der etwa 450 Meilen hinter der Flotte zurück liegt.

    "Ein großartiger Start, mit einer guten Atmosphäre. Es waren Leute auf beiden Seiten des Kanals, es war wirklich großartig. Ich war sehr gerührt, das bestärkt mich für den Rest! Mit Covid war es beim ersten Start schwierig. Wir brauchen die Energie der Menschen, um um die Welt herum zu reisen, und jetzt bin ich bereit! Vielen Dank an euch alle!

    Ich bin jetzt seit ein paar Minuten allein auf meinem Schiff und fühle mich großartig. Ich habe 5 Knoten Wind, segele mit 7 Knoten. Im Moment fahre ich nach Süden, da es schwierig sein wird, nach Westen zu fahren. Der Wind wird im Laufe der Nacht allmählich zunehmen, bis er morgen Nachmittag sehr stark sein wird. Wir müssen abwarten, wie sich die Situation entwickelt. Dann steht dem Weg zur Freiheit und die Reise um die Welt nichts mehr im Weg!", so Fabrice Amadeo.

  5. Vendée Globe: nouveau départ prévu à 22h15 pour Fabrice Amedeo

    Newrest – Art & Fenêtres quittera Port Olona ce soir à 22h15 après deux jours et demi de pit-stop. L’équipe de Fabrice Amedeo a travaillé d’arrache-pied pour réparer l’avarie en tête de mât afin que le skipper puisse repartir en toute sérénité.« C’est de la voile, il se passe des choses bien plus graves dans le monde en ce moment, » relativisait Fabrice, impatient de reprendre le large. « Je suis un peu déçu mais c’est presque une chance d’avoir eu ce problème maintenant. Si je l’avais eu dans 10 jours ça aurait pu être catastrophique. Il y a de la frustration d’être à quai mais j’ai une entière confiance en mon équipe qui fait un super travail, donc je suis content d’être rentré. C’était un mal nécessaire avant de partir pour un tour du monde ».

    Retour sur l’avarie

    Ce serait au moment de l’enroulement de la grande voile d’avant, le gennaker, que le problème serait survenu. « La drisse aurait eu suffisamment de mou entre la sortie de mât et l’émerillon pour aller s’entourer autour de la voile au moment de rouler, explique Milena Schoenahl, gréeuse du team, ce qui a créé un énorme frottement et légèrement déchiré le mât sur 6 cm. Le hook a également été abimé dans la manœuvre. »

    Une réparation dans les règles de l’art

    Il a donc fallu trouver un hook (pièce qui permet d’accrocher les voiles en haut du mât) de rechange prêté par le team Banque Populaire. Puis nettoyer la zone abimée en tête de mât : « On a commencé par ouvrir cette fissure pour en faire une sortie de drisse naturelle plus grande qu’avant mais sans les copeaux de carbone pour éviter le risque que la drisse ne se coince dedans, explique Sébastien Stéphan, directeur technique. « Pour sécuriser cette zone, on a fabriqué une petite plaque en carbone qu’on a collé autour de l’ouverture pour faire un bandeau de sécurité. » C’est Simon Chevallier, expert composite de l’équipe qui s’est chargé de travailler sur la zone et sur la pièce de renfort. « Le constructeur du mât a validé la solution de fabriquer une sorte de pansement. Ça représente pas mal de boulot parce qu’il faut cinq couches, les temps de séchage de strat et de colle. La pièce fait 5 millimètres d’épaisseur à la partie la plus épaisse. On est parti des plans des architectes et on a utilisé un mât de spare du team Charal pour la mouler à terre plutôt qu’en haut du mât. On l’a terminée hier soir et mise en cuisson toute la nuit, puis on l’a collée ce matin. »

    Sébastien Stéphan est à son tour monté en haut du mât pour la chauffer afin d’accélérer le temps de séchage et permettre au bateau de reprendre la mer ce soir. « Le nouveau hook a été livré hier en fin d’après-midi. Tout a été installé, vérifié et fonctionne, » ajoute-t-il.

    La solidarité des gens de mer à terre

    Les teams Banque Populaire, Charal, DMG Mori, et les équipes d’Arnaud Boissières, Jean Le Cam et Romain Attanasio ont apporté de l’aide pour des conseils ou du matériel. « On a reçu de l’aide de beaucoup de teams pour des conseils et du matériel nous aider à repartir le plus vite possible et je les remercie, » explique Fabrice.

    « Maintenant il y a un tour du monde à faire »

    « C’est un deuxième départ mais c’est mon départ pour le tour du monde donc je suis très content et je pars avec beaucoup d’envie, se languit le skipper. Je vais repartir à 22h15, quand la marée le permettra. Les conditions seront assez light puis le vent va forcir. Cap à l’ouest pour aller chercher le front que mes petits camarades vont passer cette nuit et qui risque de faire quelques bobos. J’ai bon espoir qu’il soit un peu moins compliqué pour moi mais je m’attends malgré tout à avoir beaucoup de vent. Une fois passée cette embuche, c’est mon tour du monde qui démarre !
    Je pars avec deux jours et demi de retard, ça peut paraitre énorme, quasiment 1000 km, mais à l’échelle d’un tour du monde ce n’est pas grand-chose. Il suffit d’un anticyclone de Sainte-Hélène mal placé pour mes concurrents et qu’il soit mieux placé pour moi pour que je puisse aller tout droit et refaire mon retard. Je repars le couteau entre les dents, pas trop parce que ça ne sert à rien de s’énerver, et je vais attendre une ouverture. »

    Rattraper la flotte et naviguer pour la science

    « J’ai la motivation d’essayer de rattraper des concurrents avant les mers du Sud, ajoute Fabrice. Quoi qu’il arrive j’ai cette motivation supplémentaire d’avoir mes deux capteurs océanographiques qui fonctionnent 24h sur 24. Et j’ai de toute façon la responsabilité de faire ce tour du monde pour la communauté scientifique qui me suit et qui attend beaucoup des données que je vais aller prélever dans les mers du Sud. »

     

    © Jean-Louis Carli / AleA #VG2020

  6. Vendée Globe: tout faire pour éviter les collisions avec les baleines

    À bord de Newrest – Art & Fenêtres, Fabrice Amedeo disposera de deux systèmes, OSCAR et Whale Shield, destinés à éviter les collisions avec les OFNI (objets flottants non identifiés) et avec les cétacés. Des avancées technologiques pleines de promesses, mais aussi un saut dans l’inconnu car rien ne garantit aujourd’hui qu’ils fonctionnent. Pour en savoir plus, le skipper a fait appel à Olivier Adam, bio-acousticien spécialiste des émissions sonores des cétacés.

    Il s’agit d’une inquiétude majeure chez tous les skippers qui s’apprêtent à parcourir les mers du globe. Dans le jargon, on les appelle les OFNI, les objets flottants non-identifiés, responsables de nombreux abandons dans l’histoire de la course au large. Ils peuvent être des bouées égarées, des billes de bois, des conteneurs mais aussi et dans la plupart des cas : des cétacés. « Il y a une vraie omerta sur le sujet, explique Fabrice Amedeo. Les chocs avec les cétacés sont malheureusement fréquents et, à chaque fois, les marins invoquent un choc avec un OFNI pour des raisons d’image. Nous ne voulons pas passer pour des tueurs de baleines. Je pense au contraire qu’il faut en parler car si 30 IMOCA lancés autour du monde n’échappent pas à des chocs avec des cétacés, qu’en est-il de la flotte de commerce mondiale ? ».

    Pour faire face à cette menace pour leurs bateaux et pour l’environnement, les marins de la classe IMOCA sont de plus en plus nombreux à s’équiper. « C’est une bonne initiative, commente Catherine Chabaud, première femme à avoir bouclé le Vendée Globe et aujourd’hui députée européen. Le sujet des filets de pêche et de la protection des dauphins est une préoccupation de la commission européenne et notamment du commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, qui a lancé un groupe de travail auquel je participe. Pour les cétacés, le sujet est également très important et la course au large a un rôle à jouer en termes d’exemplarité mais aussi dans la recherche de solutions innovantes qui pourraient ensuite être déployées sur les navires de commerce. J’avais lancé un groupe de travail sur le sujet avec des skippers au ministère de l’écologie après le dernier Vendée Globe, et c’est une réelle satisfaction de voir que les marins prennent le sujet à bras le corps aujourd’hui et vont plus loin ».


    OSCAR, une portée de détection de 600 mètres

    L’une des solutions développées récemment pour se protéger des OFNI est le système OSCAR : un boitier rectangulaire placé en tête de mât. Il est composé de deux caméras, une qui identifie les formes en surface et l’autre thermique, qui identifie les contrastes de températures. Elle pourrait donc détecter le corps chaud d’un mammifère marin. Sa portée de détection s’étend jusqu’à 600 mètres. « Si OSCAR détecte un animal ou un objet à la surface de l’eau, sur la route du bateau, une alarme se déclenche instantanément, explique Fabrice. C’est un outil relativement récent qui compte beaucoup sur l’acquisition de données. En somme, plus il y a de bateaux équipés, plus il sera performant ». La moitié de la flotte au départ du Vendée Globe en est équipée.

    « De tels systèmes de caméras thermiques avaient déjà été développés et testés sur des éditions précédentes du Vendée Globe, à l’instar de Marc Guillemot qui avait travaillé sur le sujet avec Safran, explique Catherine Chabaud. Mais jamais autant d’ambition n’avait été mise dans un projet anti-collision et surtout avec autant de skippers ».


    Whale Shield, pour écarter les cétacés à proximité

    A l’initiative d’Alex Thomson en début d’année, une deuxième solution a été proposée aux skippers : le Whale Shield. Il s’agit d’un pinger installé à l’avant du bulbe de quille, à 4,50 mètres de profondeur, qui émet un ultra-son supposé écarter les cétacés. Ce système a été développé par une société australienne, Future Oceans, afin d’équiper les filets de pêche pour éviter que les dauphins ne se retrouvent coincés. Cinq bateaux en sont équipés au départ du Vendée Globe. Des questions se posent sur l’efficacité de ce nouveau système qui a besoin de retours d’expériences, et sur la pertinence de le mettre en marche ou pas et dans quelles conditions.


    Une démarche constructive

    Fabrice ne s’est pas contenté d’installer ces deux technologies sur son IMOCA. « Il y a toujours un doute de savoir si ces systèmes fonctionnent réellement, explique-t-il. Tant que nous n’avons pas d’accident, on se dit que ça marche peut-être et le jour où l’on aura un accident, on se dira que ça ne marchait pas ». Afin d’en savoir plus sur la pertinence et l’efficacité du Whale Shield, le skipper a fait appel à Olivier Adam, bio-acousticien, Professeur à l’Université de la Sorbonne, spécialiste des émissions sonores des cétacés.
    Selon le spécialiste, si un navire a une « signature acoustique forte », autrement dit : fait du bruit quand il passe dans l’océan, il n’est pas insensé d’ajouter du bruit pour faire fuir les cétacés sur sa trajectoire. En revanche, s’il a une « signature acoustique faible », autrement dit s’il est quasiment furtif, mieux vaut ne pas donner d’indications aux cétacés sur la présence du bateau.

    Pour en avoir le cœur net, Fabrice Amedeo et Olivier Adam ont procédé à une série d’enregistrements du monocoque Newrest – Art & Fenêtres au moyen d’un hydrophone. « Olivier a été surpris que l’IMOCA fasse si peu de bruit en navigation, décrypte Fabrice. Le résultat de cet enregistrement est toutefois à relativiser : le bateau avançait à une vitesse moyenne sur mer plate ». Le bio-acousticien poursuit : « C’est plutôt une bonne nouvelle parce que c’est un indicateur de performance, d’abord, et parce que le bateau de Fabrice ne devrait pas attirer les cétacés puisque très silencieux et considéré comme furtif dans ces conditions de mer plate et vent moyen ». Et s’interroge : « un doute sur la génération acoustique persiste, notamment sur les différences qu’il pourrait y avoir entre les catégories de bateaux et selon l’état de la mer et les conditions météorologiques. Il serait intéressant de refaire des enregistrements acoustiques pour tenter de mettre en évidence des sons spécifiques (sifflements, frappes de la coque dans les vagues, transmission du bruit du mât à travers la coque) qui pourraient attirer les cétacés. »

    Selon Olivier Adam, il y a 89 espèces de cétacés qui ont toutes des réactions différentes : certaines vont s’éloigner des bateaux, d’autres vont s’approcher et interagir comme les dauphins. « Quand un supertanker ou un ferry percute une baleine, la version officielle est que c’est un accident. Ça peut arriver évidemment... Mais si on va un peu plus loin sur des études de comportement, on s’aperçoit qu’il y a notamment quatre espèces, les cachalots, les baleines à bosses, le rorqual commun et éventuellement la baleine bleue, qui sont particulièrement imposantes, peu manœuvrantes, qui n’ont pas peur de venir à proximité des bateaux et sont curieuses de voir ce qu’il se passe à la surface », explique-t-il. C’est un vrai sujet sur lequel les scientifiques travaillent depuis les vingt dernières années. En course au large, il s’agit de comprendre comment se passent les collisions avec des bateaux potentiellement silencieux et furtifs. Fabrice a cette démarche constructive, il comprend la mer, les problématiques sur l’environnement, donc je trouve que c’est réellement très intéressant. »

  7. Vendée Globe: Notre responsabilité: faire rêver

    Dimanche prochain, Fabrice Amedeo s’élancera pour son deuxième tour du monde. Confiné depuis le début de la semaine, il évoque un départ « presque mystique » à huis clos, insiste sur le privilège de s’élancer en pleine crise sanitaire et sur sa volonté de faire partager cette aventure extraordinaire avec le plus grand nombre.Confiné mais déterminé et enthousiaste. À quelques jours du départ du Vendée Globe, la motivation du skipper Newrest - Art & Fenêtres est intacte. « Je préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide », explique-t-il. « Les derniers jours avant un départ, il y a le monde, l’agitation et ça booste, ça donne de l’énergie. Mais le fait d’être au calme permet aussi de se reposer, de se préparer avec sérénité ».

    Un départ « très particulier, quasi mystique »

    Il profite de ces quelques jours pour faire du sport, gérer les derniers détails administratifs de son entreprise et regarder l’évolution de la météo lors des premiers jours de course. Fabrice ne cache pas sa déception de ne pas pouvoir accueillir tous ses partenaires afin qu’ils vivent à ses côtés ces derniers jours avant de s’élancer. Mais là aussi, il fait preuve d’optimisme : « il faut souligner à quel point nous avons eu de la chance d’avoir le village ouvert pendant 15 jours. Au vu de l’évolution sanitaire, cela tient presque du miracle ».

    Dimanche matin, au moment où il montera à bord de Newrest – Art & Fenêtres, le chenal sera vide. « Ce sera très particulier, quasi mystique. On sait déjà que ce départ ne ressemblera à aucun autre et restera dans les annales. On en parlera encore dans 40 ans ! » Partir et mettre le cap sur le large, c’est aussi la garantie d’offrir à un large public une aventure hors du commun, un feuilleton haletant au cœur des océans. « Nous sommes des grands privilégiés, abonde Fabrice. Disputer une course aussi fabuleuse, partir en mer, c’est une chance alors que toute la population est confinée ».

    « Encore plus envie de partager l’aventure »

    Une chance qu’il considère aussi comme une responsabilité. « Cela donne encore plus envie de partager l’aventure avec toutes celles et ceux qui restent à terre. Nous avons l’autorisation de partir et on fera tout pour faire rêver un maximum de monde ». Chez Fabrice, qui s’est toujours attaché à décrire son quotidien en mer, à partager ses joies et ses doutes, c’est une conviction profonde et une forte source de motivation.

    L’histoire qu’il va raconter à partir de dimanche sera aussi illustrée. « Je pars avec deux drones, des caméras et de quoi faire de belles photos ». Et quand le vent sera trop fort, c’est un cerf-volant, sur lequel sera fixé une caméra, qui captera ces moments uniques. Montrer la force du vent, l’effet des vagues et le bateau aux prises avec les éléments : c’est aussi ça, faire rêver. Et ça commence dès dimanche, à 13 h 02, lors du départ de la 9e édition du Vendée Globe.

     

    © Pierre Bouras / Newrest - Art & Fenêtres

  8. OeSV: Zajac/Matz als „Team des Jahres“ im Burgenland ausgezeichnet

    Am Dienstag sind Thomas Zajac und Barbara Matz im Landhaus Eisenstadt als Burgenlands „Sport-Team des Jahres 2019“ geehrt worden. Die Auszeichnung übergaben Sportlandesrat Heinrich Dorner und Sportpool Burgenland-Obmann Anton Pinezich. Anfang November nimmt das Nacra-17-Duo das Training vor Trapani, Sizilien auf.

    Nachdem die traditionell im Frühjahr in Pamhagen stattfindende „Nacht des Sports“ Corona-bedingt verschoben werden musste, wurden Burgenlands Spitzensportler nun Dienstagnachmittag im Landhaus in Eisenstadt geehrt. Thomas Zajac und Barbara Matz wurden von Sportlandesrat Heinrich Dorner und Sportpool Burgenland-Obmann Anton Pinezich für ihre Leistungen im Jahr 2019 als „Team des Jahres“ ausgezeichnet. Der Sieg bei der letztjährigen Kieler-Woche, einige Top-10-Plätzen im Weltcup und ein achter Rang bei der Weltmeisterschaft vor Auckland (Neuseeland) überzeugten die stimmberechtigten Sportjournalisten des Sportpool Burgenland. Das Duo des Österreichischen Segel-Verbands setzte sich in Wahl gegen die 49erFX-Kollegingen Tanja Frank/Lorena Abicht, das Eikunstlauf-Paar Miriam Ziegler/Severin Kiefer, den SV Mattersburg und die Oberwart Gunners durch.

    „Es ist für uns eine große Ehre, diese Auszeichnung erhalten zu haben. Wir freuen uns sehr, dass das Bundesland, für das wir segeln, unsere Leistungen in einem vorolympischen Jahr dementsprechend berücksichtigen und anerkennen“, sprach Thomas Zajac.

    "Ich halte es für sehr wichtig, diese Persönlichkeiten des burgenländischen Sportgeschehens ins Rampenlicht zu holen und danke zu sagen, denn diese Athletinnen und Athleten sind durch ihre harte Arbeit, ihren herausragenden Einsatz und ihre großartigen Platzierungen nicht nur Vorbilder für den Jugend- und Nachwuchsbereich, sondern auch wichtige Botschafter des Burgenlandes bei nationalen und internationalen Wettkämpfen“, betonte Sportlandesrat Heinrich Dorner.

     

    Quelle: Österreichischer Segel-Verband